Amazon : l’entreprise doit payer une amende de 32 millions d’euros

Le travail à la pièce n’est pas rare dans les grandes entreprises. Le PDG de Tesla, Elon Musk, par exemple, exige beaucoup de ses employés dans ses usines. Les employés regroupés en un Podcast sur les conditions de travail. Chez Amazon non plus, les choses ne se passent pas toujours bien. La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a constaté certaines lacunes dans le règlement général sur la protection des données de l’UE. La surveillance des employés est désormais sanctionnée par de lourdes sanctions.

Une surveillance excessive viole la vie privée

Selon l’autorité, le système d’Amazon pour surveiller les activités et les performances de ses employés empiète trop sur la vie privée. Pour cette raison, le CNIL une amende de 32 millions d’euros à l’encontre de la division française d’Amazon (Amazon France Logistique). Mais ce n’est pas tout : les allégations incluent également une surveillance vidéo sans notification préalable et sans sécurité suffisante. La commission a constaté, entre autres, des problèmes d’accès aux logiciels de vidéosurveillance. D’une part, le mot de passe d’accès n’était pas assez fort, et d’autre part, plusieurs utilisateurs accédaient ensemble au compte. Suite à des articles de presse et à des plaintes de salariés concernant ces pratiques, la CNIL a mené plusieurs enquêtes.

Le système de scanner met les employés sous pression

Concrètement, les employés de l’entrepôt reçoivent un scanner portatif pour documenter le stockage ou le retrait d’un article des étagères ou de l’emballage. C’est ainsi qu’Amazon gère les stocks et les commandes dans ses entrepôts. Comme cela se produit en temps réel, vous pouvez également voir à quel point un employé est rapide ou lent ou quelle est la durée de ses temps de pause : à partir de dix minutes, il y avait ce qu’on appelle un « temps d’inactivité ». Les interruptions du scanner comprises entre une et dix minutes entraient dans la catégorie « latence inférieure à dix minutes ». Selon la CNIL, le dispositif est excessif. Selon l’agence, il est illégal « d’établir un système mesurant les interruptions de travail avec une telle précision que les employés pourraient devoir justifier chaque pause ou interruption ». Si les éléments étaient analysés trop rapidement les uns après les autres (moins de 1,25 seconde), un message était émis car les éléments analysés rapidement augmentaient censément le risque d’erreurs. De plus, les données des salariés et intérimaires ainsi que leurs évaluations ont été conservées pendant 31 jours. Les systèmes mettent les employés sous pression constante.

La CNIL reconnaît un avantage concurrentiel

Un autre point intéressant avancé par la CNIL concerne les bénéfices potentiels. La CNIL « a pris en compte le grand nombre de personnes concernées (plusieurs milliers) et a considéré que les contraintes imposées aux salariés par cette surveillance informatique contribuaient directement aux bénéfices économiques de l’entreprise (…) ». À l’inverse, cela ne signifie rien d’autre que « leur avoir donné un avantage concurrentiel sur les autres entreprises du marché de la vente en ligne ».