Les défenseurs de la protection des données s’attaquent au modèle d’abonnement de Meta

Une sorte de bras de fer sévit depuis des années entre les organisations européennes de protection des données et le groupe américain Meta. Afin de monétiser de manière lucrative ses réseaux sociaux Facebook et Instagram, l’entreprise du fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a besoin de masses de données sur les utilisateurs afin de pouvoir afficher des publicités personnalisées. Étant donné que le traitement de ces informations sans le consentement explicite de l’utilisateur viole le règlement général sur la protection des données de l’UE, Meta est constamment à la recherche de nouvelles façons de faire valoir ses intérêts. Depuis début novembre 2023, le groupe adopte une démarche particulièrement radicale.

Si vous souhaitez utiliser Facebook et Instagram en Europe sans que Meta collecte et traite vos données pour afficher des publicités personnalisées, vous devez en être fier. frais d’abonnement mensuel de 12,99 euros pour Facebook et 8 euros supplémentaires pour Instagram. Seules alternatives : les utilisateurs acceptent le traitement de leurs données ou cessent complètement d’utiliser les services. L’organisation non gouvernementale (ONG) autrichienne spécialisée dans la protection des données Ça ne vous concerne pas (NOYB) considère cette procédure comme illégale et a déposé une plainte auprès de l’autorité autrichienne de protection des données.

Des frais trop élevés pour le droit fondamental à la protection des données

L’accusation de l’organisation : Meta met l’arme sur la poitrine des utilisateurs et facture des frais disproportionnés pour son abonnement sans publicité. Selon les experts, cela pose problème à plusieurs égards. D’une part, le droit de l’UE prévoit que le consentement au traitement des données personnelles est donné librement. Ce n’est pas le cas étant donné la menace d’une cotisation annuelle pouvant atteindre 250 euros. D’un autre côté, l’approche de Meta exclut la partie la plus pauvre de la population qui ne peut pas se permettre un tel abonnement. Cependant, étant donné que la protection des données est un droit fondamental dans l’UE qui devrait s’appliquer de la même manière à tous, NOYB estime que le modèle d’abonnement de Meta n’est pas compatible avec le droit de l’UE.

En outre, les défenseurs de la protection des données soulignent que les frais facturés par le groupe ne sont pas proportionnels au chiffre d’affaires réel de l’entreprise. Ainsi, Meta a réalisé environ 60 euros de ventes par utilisateur en 2022. Cependant, l’entreprise facture son abonnement plus de quatre fois plus cher. Depuis que l’UE a approuvé les abonnements Pur pour empêcher la publicité des entreprises de médias, il reste à voir si la plainte des défenseurs de la protection des données porte ses fruits ou si l’approche de Meta est également couverte par cette disposition. NYON craint que d’autres prestataires de services lui emboîtent le pas si l’entreprise de Mark Zuckerberg réussit dans sa démarche. L’ONG exige « compte tenu de la gravité des violations et du nombre inhabituellement élevé de personnes concernées » que l’autorité autrichienne de protection des données engage une procédure d’urgence pour mettre fin au traitement illégal des données.